Pourquoi l’ostéopathe fait craquer ?

Pourquoi l’ostéopathe fait craquer ?
L'Ostéopathie

Vous avez tous entendu parler de ce fameux bruit bizarre dans vos articulations… CRAC ! Bruit articulaire dès plus impressionnant, tous les patients n’en sont pas friands, comme certains ostéopathes.

Pourquoi ça fait crac ? Comment ça fonctionne ? Y a-t-il des risques ? On vous dit tout sur le crac.

Le crac qu’est-ce que c’est ?

Lors d’une séance d’ostéopathie, votre praticien peut choisir de vous manipuler grâce à des techniques structurelles, le fameux crac. Ces techniques ont pour but de rétablir la position physiologique d’une articulation « bloquée ». Pendant la technique, un bruit peut survenir.

Le craquement au niveau d’une articulation est un simple bruit articulaire (et non osseux) lié à la décoaptation de l’articulation. Lorsqu’une articulation se bloque, le liquide articulaire (qui permet la lubrification des surfaces) va être compressé. Plus la pression augmente, moins il y a d’espace dans l’articulation. L’azote, qui compose le liquide articulaire, va passer de l’état gazeux à liquide. Lorsque l’ostéo effectue la manipulation, l’articulation est décomprimée, c’est-à-dire que l’articulation s’ouvre et la pression interne diminue. L’azote passe de l’état liquide à gazeux, formant une bulle, c’est la cavitation. C’est ce changement d’état qui provoque le bruit articulaire CRAC. Vous pouvez comparer ce phénomène à une bouteille de champagne dont on retire le bouchon.

Craquera ou craquera pas ?

Bien connu par les ostéopathes, certains patients ont le souhait d’être manipulés avec des cracs « sinon ça ne marche pas ». Erreur ! En fonction de votre état physique, de votre souplesse, du blocage articulaire présent, des tensions musculaires ou de l’articulation bloquée, le bruit articulaire n’est pas obligatoire. Mieux, il n’est pas forcément signe de réussite. Prenons l’exemple d’un adolescent qui a mal au dos et qui pour se soulager se tord sur sa chaise de classe, du côté droit puis du côté gauche. Il réussit à faire craquer l’ensemble de sa colonne vertébrale. Il a bien entendu un bruit articulaire, pour autant dix minutes après il sent le besoin de recommencer. Pourquoi ? Parce que cet adolescent a réussi à décoapter « grossièrement » ces articulations, sans les repositionner dans les différents paramètres de mobilité (rotation, inclinaison, flexion/extension…).

En fonction de votre état physique, de vos antécédents médicaux, des traitements en cours et de votre douleur, le praticien peut choisir de ne pas utiliser ce type de technique. Il préférera alors des techniques plus douces, adaptées à votre situation.

Quels sont les risques ?

Ces techniques sont dites de « haute vélocité et basse amplitude » (HVBA). Il s’agit d’un mouvement rapide afin que le réflexe d’étirement des muscles autour de l’articulation n’ait pas lieu (les muscles n’ont pas le temps de se contracter en réponse à ce mouvement « brusque »). L’amplitude de la manipulation est réduite pour que la barrière physiologique ne soit pas dépassée (le mouvement est effectué dans les amplitudes qui vous sont propres).

Ces deux spécificités font des techniques HVBA un outil de traitement efficace et quasiment sans risque (le risque zéro n’existant nulle part). La manipulation HVBA d’une articulation ne doit pas être douloureuse. Vous pouvez ressentir des tensions musculaires liées à l’étirement rapide des muscles ou une sensation de chaleur sur la zone traitée.

Les idées reçues sur le CRAC

  • Les ostéopathes font craquer les os.

Faux.

Les techniques structurelles, comme les techniques douces, sont destinées à rétablir la mobilité d’une articulation ou d’un organe. Le bruit articulaire est lié au mouvement de décoaptation entre deux os. C’est l’articulation qui craque, pas l’os (sous peine de fracture !).

  • Le craquement des doigts favorise l’apparition de l’arthrose.

Faux.

L’arthrose est une usure physiologique du cartilage présent dans les articulations. Vous aurez tous plus ou moins d’arthrose sur votre squelette. Sur une imagerie (radiographie, scanner…), on peut voir apparaître une surproduction osseuse sous la couche usée de cartilage, qui entraîne une raideur de l’articulation et une friction des os. Les causes de l’arthrose sont souvent liées à des contraintes normales sur un cartilage anormal, des contraintes anormales sur un cartilage normal ou à des traumatismes directs sur l’articulation (chute, fracture, opération…).

Comme expliqué précédemment, le bruit articulaire intervient lors de la décompression d’une articulation, en l’occurrence entre deux phalanges. Il n’est jamais question d’un bruit lié au contact/frottement de deux os entre eux. Le craquement n’est pas un traumatisme pour l’articulation, il n’y a pas de corrélation entre craquement et arthrose.

  • Les manipulations structurelles sont risquées.

Vrai, mais plutôt faux.

On parle souvent des risques liés à la manipulation du rachis cervical pour de bonnes raisons. Il y a un passage artério-veineux et neurologique très important et complexe au niveau du cou. Les artères vertébrales sont deux vaisseaux situées dans la loge postérieure du cou. Elles sont mises en tension lors des manipulations cervicales, c’est pourquoi votre praticien doit veiller à certains signes.

Cependant, le risque lié à une déchirure de ces artères est très minime. Il s’agit le plus souvent de problème survenant sur des patients à risque (hypertension…). Votre praticien est formé pour effectuer ces manipulations en douceur et en toute sécurité. Une étude montre que la prise d’anti-inflammatoires provoque 1 accident pour 10 000 prescriptions contre 1 accident pour 1,2 million de manipulations structurelles.

  • Une séance d’ostéopathie cracking provoque des douleurs

Vrai.

L’ostéopathie n’a pas vocation à créer des douleurs. Cependant, lors de la consultation, le praticien peut être amené à palper des zones douloureuses ou inconfortables afin d’établir un diagnostic ostéopathique précis.

Le traitement doit s’effectuer sans douleur, dans le respect du patient.

Après une consultation, vous pouvez ressentir une forte fatigue, des courbatures et des douleurs articulaires (parfois impressionnantes). C’est tout à fait normal. Le corps et le cerveau doivent s’adapter face au traitement initié.

Les techniques structurelles sont un outil de traitement efficace avec des risques très limités. Il ne faut pas avoir d’appréhension lors de ces manipulations. Votre praticien est formé pour vous manipuler avec douceur, sécurité et tact. N’hésitez pas à lui poser des questions concernant ces techniques, à faire part de vos inquiétudes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec